Fleur Séchée de l'après-midi culturelle de DEFI
journee des femmes

Pour apporter sa contribution à la célébration de la Journée Internationale des Femmes, l'Association DEFI (Défense des Exclus par la Formation et l'information) a organisé, le 21 mars 2009, une après-midi culturelle autour du thème "Histoire des Luttes des Femmes : passé, présent et avenir".
Cette après-midi s'est déroulée au Centre d'animation Bordeaux Sud Carle Vernet et Meriem Zehri, de l'association DEFI, m'avait invitée à y participer.

La salle était pleine et l'atmosphère chaleureuse. On se sentait en famille au sein de cette communauté du quartier Saint Jean - Belcier - Carle Vernet de Bordeaux.

Lorsque je suis arrivée, j'ai d'abord été accueillie par les couleurs très vives des oeuvres de Barbara BEHRENDT (artiste peintre), Mélissa MARCHAND (artiste plasticienne), Anca MENDIBOURE (artiste peintre) et Nathalie VICTOR RETALI (photographe) exposées à l'extérieur et à l'intérieur du Centre.

Puis, en guise d'ouverture, le talentueux Mustapha Harfi nous a tous fait vibrer des sons envoûtants de sa musique arabo-andalouse.

Maurice RABAU, le président de DEFI a prononcé son discours en forme d'accueil et de remerciements, il a présenté et annoncé les différents artistes qui allaient intervenir et ... les choses sérieuses ont commencé !

Nous avons ri avec les comédiens de l'association qui nous ont présenté une petite saynète, travestis en jolies pin-ups !

Puis Audrey Laroche de la Maison des Femmes de Bordeaux nous a parlé des origines historiques du 8 mars. Elle nous a présenté la situation actuelle des droits des femmes et nous a rappelé que nous avions acquis énormément, mais qu'il restait beaucoup à faire.
Parce que tout dernièrement, de nombreux événements de l'actualité nous ont montré qu'il fallait rester en veille et continuer à lutter pour que les droits des femmes ne soient pas bafoués, je vous invite à (re)découvrir l'histoire du 8 mars. Je vous propose également de parcourir la liste des dates clefs dans l'histoire des luttes des femmes. Vous pouvez poursuivre en consultant deux sites entièrement consacrés à la Journée Internationale des Femmes du 8 mars :
http://8mars.online.fr/
http://www.journeedelafemme.com/

journee internationale

Ensuite, c'était à mon tour de monter sur scène et de me présenter au public.
Meriem m'avait demandé de proposer de la poésie sonore en lisant des poèmes sur le thème de l'après-midi et en m'accompagnant de mon bâton de pluie.
J'avais préparé un ensemble intitulé "Les Soupirs d'Eve" constitué de huit poèmes : six piochés dans mes textes déjà écrits autour de l'excision, de la virginité, de la pureté, de la beauté d'une femme, de la sensualité ; deux que j'ai écrits spécialement pour cette après-midi.
Parmi ces deux textes, il y en avait un qui traitait du cancer du sein. Cela faisait longtemps que je souhaitais écrire un poème à ce sujet, sans y parvenir. Les mots me sont venus quelques jours avant le 21. Le deuxième texte parle de la non maternité. Il dit que ce n'est pas parce que la nature n'accorde pas d'enfants à une femme ou parce que cette dernière fait librement le choix de ne pas en avoir qu'elle ne doit pas être considérée comme une femme à part entière. J'ai écrit ce texte parce que notre société a tendance à sacraliser un peu trop la maternité et que les non mères peuvent se retrouver très isolées et mises à l'écart. Comme je l'ai précisé avant ma lecture, mon but est de trouver un juste équilibre, je voue une adoration particulière aux mères du monde. Je pense que la maternité est le cadeau le plus précieux que le Créateur nous ait fait à nous femmes. Mais comme tout cadeau, nous avons le droit de ne pas l'utiliser, sans pour autant être stigmatisées. J'avoue que j'appréhendais les réactions par rapport à la lecture de ce texte qui est tout de même très fort.

Ma lecture a mal commencé. Dans une espèce de brouhaha de murmures incessants. Seules quelques personnes aux premiers rangs suivaient ce que je disais. Et tout à coup, comme par magie, au troisième poème, le silence s'est fait, j'ai senti le fil se tisser entre le public et moi. Les applaudissements ont retenti après chaque poème. Mon coeur n'a plus arrêté de sauter de joie.
Ainsi encouragée, j'ai achevé ma lecture en lisant un poème que j'avais écrit au début de l'après-midi, pendant un moment de communion intense, quand Mustapha Harfi avait commencé à jouer et que toutes ensemble, nous avions battu des mains, en accompagnant les youyous des soeurs maghrébines. Je crois que ce dernier poème a fait très plaisir à mes soeurs, tant mieux, il a été écrit pour elles.

Il y avait une pause juste après ma prestation. J'ai été enchantée que les femmes en profitent pour venir me parler ou m'inviter à les rejoindre. J'ai été encore plus heureuse lorsqu'elles m'ont dit que les poèmes qu'elles avaient préférés étaient ceux que j'avais écrits spécialement pour cette après-midi : celui sur le cancer du sein, mais surtout celui sur la non maternité ! Des femmes de tous âges, de tous horizons, mères ou pas, c'était leur poème préféré ! Quelle récompense !
Cela fait maintenant quelques mois que je travaille sur le thème de la non maternité, mais sans grande conviction. J'avais des doutes sur l'intérêt que pouvait avoir ce travail. Me voici rassurée !

journée femmes
 

Après la pause, nous avons été charmés par la douce voix de la jeune Shanan qui nous a subjugués de ses chants turcs.
J'ai découvert, très intéressée, Martin NEISH et Emile EFOUA ELA du groupe Scotch Mist, qui font de la musique folk/ celtique en s'accompagnant d'une guitare et ... d'un djembé !!! On dirait que le tam-tam a été conçu pour faire de la musique celte !!!
Nous avons poursuivi notre envol vers l'éther avec l'association ARTE qui nous a proposé un récital bilingue de poèmes en arabe et en français. C'était beau, tout simplement.
Mustapha Harfi a alors récidivé et les femmes ont été prises par la danse et je pense qu'elles étaient même à la limite de la transe, tant la musique et les émotions étaient denses !

Enfin, les membres de l'association DEFI ont défilé pour le final, une rose à la main. Ils ont été présentés par Meriem, qui en a profité pour nous révéler leurs nationalités. Une bonne partie de la planète était présente : Italie, Roumanie, Russie, Turquie, Sierra Leone, Maroc, Mali, Nigeria, Sri Lanka, Chine et tant et tant d'autres, qui ont repris tous en choeur : "Nous nous aimons !"

Voici le poème que j'ai écrit au début de l'après-midi. Il est pour les femmes de l'association DEFI et au-delà, pour toutes les femmes du monde :

Mosaïque

Nos peaux n'ont pas la même couleur
Sur nos langues ne roulent pas les mêmes mots
Nos voix ne chantent pas les mêmes sons
Nos peaux n'ont pas la même couleur
Les étoffes que nous portons parlent des bouts du monde
Mais quand battent vos mains
C'est dans mon coeur que la vie naît
Mais quand battent vos mains
C'est dans mon coeur que la danse esquisse un pas
Et lorsque mes yeux croisent vos regards
J'ai le sentiment chaud d'être en famille
J'ai l'impression d'être fleur parmi les fleurs
Au mitan de votre bouquet, vous, mes soeurs.

Bordeaux, Centre Carle Vernet, le 21 mars 2009.

Merci encore à Meriem Zehri et à l'association DEFI.
Un remerciement particulier à Bernard Ecoffet et Patricia Kindts-Ecoffet, des Ateliers du Fleuve de Preignac. Merci d'avoir fait le déplacement pour venir me soutenir. 

Je n'avais pas mon appareil photo ce jour-là. J'attends donc que les membres de l'association DEFI m'envoient leurs photos pour vous en proposer quelques-unes sur cette page. Merci pour votre patience.