L'Aède Numéro 18 - Avril 2009
aede n 18

Chaque année, dans le cadre de la semaine de la langue française (du 16 au 23 mars 2009), le Ministère de la Culture et de la Communication ainsi que la Délégation générale à la langue française organisent l'opération "Dix mots m'ont dit". Cette opération consiste à mettre en lumière dix mots de notre si belle langue en les utilisant pour composer un texte.

Le thème de cette année, "Des mots pour dire demain", avait pour but de "célébrer la capacité du français à exprimer les enjeux et les préoccupations d'avenir de nos contemporains".

Tout comme l'année dernière, l'Union des Poètes Francophones (UPF) a décidé de participer à cette opération, en invitant tous les poètes écrivant en français à rédiger des textes poétiques en utilisant au moins cinq et au mieux les dix mots qui avaient été choisis pour le thème 2009, à savoir : ailleurs, capteur, clair de terre, clic, compatible, désirer, génome, pérenne, transformer et vision.

Vous connaissez désormais mon attachement à la langue française, mais aussi mon goût pour les défis. Je n'ai pas résisté et j'ai donc répondu à l'appel de l'UPF. Bien m'en a pris puisque mon petit texte a été retenu pour être publié dans le Numéro 18 de "L'Aède", qui est le Bulletin d'Information de l'UPF et qui a été oublié en avril 2009.


Ce numéro de "L'Aède" comprend l'anthologie des textes ayant participé à l'opération "Des mots pour dire demain", l'anthologie des textes ayant reçu un Grand Prix 2009 de l'UPF et quelques autres contributions.

Les textes ayant participé à l'opération "Des mots pour dire demain" m'ont surprise par leur diversité : en prose ou en vers, rimés ou pas, courts ou longs, ils portent un regard pessimiste ou plein d'espoir sur l'avenir de la planète.

Pour ma part, même si je m'inquiète souvent sur la possibilité d'un véritable à-venir, j'ai eu envie de nous donner envie de croire et de rêver à une humanité meilleure.

Voici donc ma petite contribution qui figure page 35 de l'ouvrage :

Un matin depuis la Lune

Ce matin, j'ai quitté ma capsule, cette bulle transparente posée sur le sol lunaire, cette bulle qui ne flotte pas libre dans l'univers. Mes pieds sans peau foulaient la croûte froide et blanche de ma planète mère et je me suis mis à rêver d'ailleurs.
Mon champ de vision s'est déplacé vers le magnifique clair de terre qui illuminait la vallée. Une joie, une paix et une sérénité intenses émanaient de la Gaïa lointaine. Elles ont éveillé et fait vibrer tous mes capteurs émotionnels.
Alors, plus fort que tout, mes circuits se sont mis à désirer.
Moi aussi j'aurais aimé vivre sur cette planète bleue. L'extraterrestre sans âme que je suis voulait se transformer en homme. Il souhaitait posséder un passé et un avenir sertis dans un génome.

La main métallique du maître s'est alors posée sur mon épaule.
"Chasse bien vite ces pensées ! Les émotions ne sont pas compatibles avec la part de machine qui est en nous."
Il a ouvert le clapet d'accès à mes puces électroniques. D'un unique et savant clic, il a modifié l'ensemble de mes programmes.

Et pourtant, pendant la seconde qui a précédé mon retour définitif à l'état de cyborg, j'ai une fois de plus envié les êtres humains. Car c'est grâce à ce coeur - dont ils sont pourvus, ce qui n'est pas mon cas - qu'ils ont permis à l'indicible beauté de la Terre de devenir pérenne. Et de le rester.

Barsac, le 5 janvier 2009 à 15h40.

A la base, "L'Aède" est destiné à être distribué gracieusement aux membres de l'UPF. Mais si vous souhaitez recevoir ce numéro, veuillez vous renseigner auprès de :

Union des Poètes Francophones
Centre Culturel, Mairie
84110 Puyméras