La Fleur Séchée du Marché de la Poésie des Chartrons - Edition 2008
© Jardin de Mariposa

 

Chaque année, M. Brussac, de la Librairie Olympique à Bordeaux, réunit sous la Halle du marché des Chartrons, les poètes, éditeurs et libraires qu'il apprécie. Cette année, la manifestation a pris le nom de Marché de la Poésie des Chartrons et s'est tenue du 14 au 16 mars, dans le cadre du Printemps des Poètes.

Lorsque j'avais pris contact avec M. Brussac, fin 2007, pour lui demander de bien vouloir prendre mes recueils en dépôt dans sa librairie, il m'a tout de suite parlé de cette manifestation et m'a demandé si je souhaitais y participer.
Cette question ! J'étais folle de joie et j'ai dit oui, évidemment !

Dès lors, je l'ai attendue avec impatience cette manifestation, pleine d'espoir et de rêves de reconnaissance !!! Vous pensez bien, se retrouver ainsi exposée dans la grande vitrine poétique de la scène bordelaise, alors que je suis encore toute petite !

Samedi 15, la journée a mal démarré... Sous la pluie et le train annulé en gare de Barsac ! C'est finalement en voiture que je me suis rendue à Bordeaux, dans l'après-midi ! Je suis arrivée sous la Halle des Chartrons vers 15h30. Je me suis sentie un peu perdue, pas très à l'aise, devant ces grandes tables et tous ces livres sur les étagères, et tous ces gens qui tout à coup me regardaient, circonspects... Heureusement, M. Brussac n'était pas bien loin et m'a vite placée.

J'ai partagé ma table avec Cette adresse email est protégée contre les robots des spammeurs, vous devez activer Javascript pour la voir. et les Editions de La Cabane ; et plus tard dans la soirée avec les Editions [o].
Nous étions entre débutants, entre jeunes et le courant est tout de suite passé. Nous nous sommes présentés les uns aux autres, avons parlé de nos expériences, avons échangé des adresses, des idées. Nous avons devisé comme on disait autrefois.

Puis les longues heures des deux jours du salon...
Les regards des visiteurs. Ou le non regard des visiteurs. Le visage pincé ou le sourire encourageant. On guète, on guète. Enfin, quelqu'un qui s'attarde un peu devant mes ouvrages...
Oh ! Enfin une main qui caresse la couverture ! Oh, et une autre qui s'aventure à ouvrir le recueil, à lire quelques phrases ! Enfin, les premières questions, les premiers échanges.
Mais la plupart du temps, un rapide coup d'œil sur la couverture et puis s'en va.
Au fur et à mesure que le temps s'écoulait, je ne sentais plus la légitimité pour moi d'être là...

Alors que mes petits camarades de table ont quand même réussi à vendre un ou deux recueils, mon stylo n'a pas eu l'occasion de tracer une seule dédicace...

Mais il y a aussi eu plusieurs personnes, des femmes surtout, qui, après avoir lu quelques poèmes, m'ont glissé des mots gentils qui m'ont fait chaud au cœur. Merci.

 

Jérémy Taleyson

Mais il y a aussi eu les discussions avec Jérémy Taleyson, des Editions de la Cabane, avec qui j'avais déjà pris contact entre temps. Ce qu'il m'a dit de ses débuts à lui m'a rassurée. Pour résumer, il faut s'accrocher et persévérer ; la première fois qu'on présente ses œuvres dans une telle manifestation, ce n'est pas facile ; ça ira mieux l'année prochaine. Merci.

Mais il y a aussi eu la rencontre avec Xavier et avec Mathieu Dubois qui viennent tout juste de créer les Editions de l'Imparfait et de publier leur premier titre, « Carte Vitale » ; la rencontre avec Thomas Déjeammes des Editions [o]. L'échange des petites expériences. Le partage de cette table et de ces longues heures. Merci.

 

Gabriel Okoundji

Mais il y a aussi eu Gabriel Okoundji, le Mwènè (1) , qui s'est longuement attardé à notre table, pour encourager la jeunesse créative ! Merci.

 

Et puis il y a eu aussi la prévenance de M. Brussac et son sourire chaque fois qu'il passait devant notre table. Merci.

Je me suis accrochée tout le long du temps que j'ai passé assise derrière mes recueils, me battant furieusement contre l'envie de tout ranger et de m'en aller loin loin !
Ce salon m'a confirmé dans une certitude : il faut que je change d'éditeur. Je vais y travailler trois fois plus. "Tout ce qui ne tue pas rend plus fort" et je suis aguerrie pour ce qu'il y a à venir.

Le Marché de la Poésie 2008 me laisse un goût doux-amer au fond de la gorge, mais si c'était à refaire, je n'hésiterais pas et je suis quand même heureuse d'avoir été là, d'avoir mis un pied à l'étrier.

Pour finir cette fleur séchée, voici justement quelques fleurs pour des personnes chères à mon cœur :
- une fleur pour toi, mon Alexandre qui m'as soutenue moralement de ta présence pendant une grande partie du marché.
- une fleur pour toi, ma chère Hélène, merci d'être passée me tenir compagnie le samedi !
- une fleur pour toi, mon tonton Alain, merci de ta visite surprise du dimanche !

La photo qui illustre cette fleur séchée est celle de l'installation, au centre de la Halle, de Polprod qui était présent sur le Marché. C'est une photo d'Alexandre Boué.

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(1) Mwènè : Pour plus d'informations sur la signification de ce mot, vous pouvez lire cet article.

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